Jura : Retour sur la finale nationale du concours du Meilleur ouvrier de France au lycée hôtelier de Poligny

mardi 4 décembre 2018
par  Lycée Friant

La fine fleur de la gouvernance hôtelière s’est retrouvée en cette fin de semaine à Poligny dans le Jura à l’occasion de la finale nationale du concours du Meilleur Ouvrier de France pour ce métier qui consiste à « tout savoir et ne rien dire ».
Photo HDSur les onze candidats qui se sont succédé devant le jury, Julie Bonnot, gouvernante générale de l’hôtel du Castellet, dans le Var, a été couronnée Meilleur Ouvrier de France 2018 de la classe « Gouvernant(e) des services hôteliers ».
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« Je vous invite à fermer les yeux. Vous venez de descendre de votre limousine et vous entrez dans notre hôtel. Ouvrez les yeux ! Et vous voici bouche bée. Accueillis par un jus d’airelles infusé au narcisse que vous allez déguster en caressant le doux velours d’un fauteuil style Louis XVI… » Le onzième et dernier candidat du concours MOF (Meilleur ouvrier de France) dans la catégorie « Gouvernant(e) des services hôteliers » est en train de présenter son projet dans la grande salle du lycée Hyacinthe-Friant de Poligny.
Il a face à lui la mine impassible des 19 membres du jury, dont un tiers d’enseignants et deux tiers de professionnels au premier rang desquels la présidente, Nicole Spitz, ancienne directrice générale du Negresco de Nice.
Si derrière lui s’épanche la grisaille pluvieuse de ce matin de fin novembre, il s’évertue à faire scintiller les aspects de luxe, calme et volupté du futur palace où il espère bientôt exercer.
Dernier candidat à passer, il est également le deuxième de sexe masculin. « Oui, le métier se masculinise et la mixité des équipes enrichit le management, l’amalgame produit une belle osmose », observe Corinne Veyssière, membre du jury et présidente de l’association des gouvernantes générales de l’hôtellerie (150 adhérents environ). Gouvernante générale ? « C’est un métier qui nécessite de l’adaptabilité, de la réactivité et un sens aigu du relationnel. Il s’agit de tout savoir mais ne rien dire », sourit la Franc-Comtoise, originaire de Besançon où elle a été diplômée du Cours Hôtelier en 1985 ( lire notre édition du 27 novembre ). Orchestrant depuis neuf ans le bien-être au sein de l’hôtel Sheraton de Paris Roissy, elle développe : « Nous sommes les garants du confort du client, le but étant qu’il vive chez nous une expérience mémorable. C’est un travail de l’ombre. Une bonne gouvernante est quelqu’un de présent à chaque instant mais dans la discrétion. »
À la fois tour de contrôle, chef d’orchestre et manager, le métier a considérablement évolué ces dernières années.
« Il y a trente ans, quand j’ai commencé, la gouvernante faisait son ouverture, contrôlait que les chambres étaient faites et s’en allait », se souvient Nadia Perret-Blanc, candidate au titre de MOF et actuellement en poste au Novotel Paris-La Défense. « Maintenant, nous nous occupons aussi des contrats, nous rencontrons les fournisseurs, nous gérons des budgets… »
Et côté clients ? « Ils sont de plus en plus exigeants… », confie sa collègue et amie Christine Bourgaux, gouvernante générale du Radisson Blu à Bordeaux. « Mais c’est ce qui fait aussi le côté passionnant de ce métier, il n’y a pas deux jours qui se ressemblent ! » Comme tous les autres concurrents, elles ont planché pendant des mois sur le sujet du concours : créer un département « housekeeping » répondant aux normes Iso 26 000. Autrement dit résoudre la quadrature du cercle afin de proposer un service d’étage qui réponde à un catalogue d’impératifs en matière de gouvernance, Droits de l’Homme, bien-être au travail, environnement, bonnes pratiques, relations consommateurs, engagements sociétaux…
Un gymkhana auquel sont rompues les professionnelles, habituées à faire face à l’exceptionnel et dissoudre l’impossible.
Le fait de concourir pour le titre de Meilleur Ouvrier de France ? « C’est l’occasion de mettre en valeur notre métier mais aussi nos équipes. L’humain est au cœur du service ! C’est un Bonjour, un Bienvenue, un Merci », expliquent les deux candidates. « Par exemple, ce matin au petit-déjeuner », poursuit Christine, « dans la chambre d’hôtes où je suis descendue avec mon compagnon, la dame nous a servi des crêpes parce que, nous a-t-elle dit, elle en avait envie. C’est exactement ce que j’aime vivre et ce que j’ai envie de donner : des moments inattendus, chaleureux et généreux. »
Et au fait, les gouvernantes vont-elles aussi en vacances à l’hôtel parfois ? « Oh oui ! Souvent même ! Et, si au début on analysait tout, maintenant on profite de l’instant présent. On se laisse aller. »

Textes et photos Pierre LAURENT
L’Est Républicain publié le 3 décembre 2018


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